20 août 2008
I
LONDON



































Royan.

















Viv'ment que j'm'achète un scanner bordel de dieu.
04 août 2008
A quelqu'un qui pourrait se reconnaître.
" - La souffrance, voyons. Je pense que la souffrance est une question de choix. Je pense que nous n'avons pas à souffrir de quoi que ce soit dans cette vie, si nous sommes assez forts pour le nier. L'homme fort peut maîtriser complètement ses émotions, de telle sorte qu'il devient impossible de le faire souffrir. Lorsque nous souffrons de quelque chose, de la douleur par exemple, cela veut dire que nous avons perdu le contrôle. Je dirais donc que la souffrance est une faiblesse humaine.
- (...) Ton idée intéressante m'oblige à poser la question : d'où vient la force ?
- La force ? a grogné Madjid. Tout le monde sait qu'elle.. euh.. Que veux tu dire ?
- Rien, mon bon ami. Mais n'est-il pas vrai qu'une partie de notre force dérive de notre souffrance ? Que les souffrance nous rendent plus fort ? Que ceux d'entre nous qui n'ont pas connu une véritable épreuve, une vraie souffrance, ne peuvent pas avoir la même force que ceux qui ont beaucoup souffert ? Et si c'est vrai, cela ne signifie-t-il pas que ton argument revient à dire que nous devons être faibles pour souffrir et que nous devons souffrir pour être forts, donc qu'il nous faut être faibles pour être forts ?
- Oui, a concédé Madkid, en souriant. Peut être que c'est un peu vrai ce que tu dis, en partie. Mais je persiste à penser que c'est une affaire de force et de faiblesse.
- Je n'accepte pas tout ce qu'a dit notre frère Madkid, a dit Abdul Ghani, mais je suis d'accord avec l'idée qu'il y a un élément de contrôle dans le rapport que nous avons à la souffrance. Je ne pense pas qu'on puisse le nier.
- Où trouvons nous ce pouvoir de contrôle, et comment ? a demandé Khaderbai.
- Je dirais que c'est différent pour chacun de nous, mais que ça arrive quand nous grandissons, que nous devenons plus mûrs et passons des larmes puériles de l'enfance à l'âge adulte. Je pense que grandir, c'est ça, apprendre à contrôler notre souffrance. Je pense qu'en grandissant, lorsque nous découvrons que le bonheur est rare et passe rapidement, nous perdons nos illusions et nous sommes blessés. Et notre degré de souffrance est l'indice de la gravité de la blessure provoquée par cette prise de conscience. La souffrance est une sorte de colère. Nous sommes furieux contre l'iniquité, l'injustice de notre triste sort. Et ce ressentiment bouillonnant, cette colère, est ce que nous appelons souffrance. (...)
- (...) Et toi Khaled ? Qu'est ce que tu as à dire sur le sujet choisi par Lin ?
- Je sais que la souffrance est la vérité, a dit posément Khaled, les dents sérrées. Je sais que la souffrance est la pointe du fouet et l'absence de souffrance, c'est l'autre extrémité, celle que le maître tient dans sa main.
- (...) Je crois que notre frère Khaled a raison d'une certaine façon, a commencé Farid lentement, presque timidement. Il a posé ses grands yeux bruns sur Khaderbai. Encouragé par le hochement de tête du vieil homme il a continué. Je pense que le bonheur est une chose réelle, une chose vraie, mais c'est précisemment ce qui rend les gens fous. Le bonheur est une chose si étrange et si puissante qu'il nous rend malades, comme le ferait un microbe. Et la souffrance est ce qui nous en guérit, du trop plein de bonheur.
- (...) Le fardeau du bonheur ne peut être soulagé que par le beaume de la souffrance. (...)
- La souffrance, c'est exactement la même chose que le bonheur, mais à l'envers. L'un est l'image en miroir de l'autre, sans lequel il n'a pas d'existence ou de sens véritable. "
Extrait de Shantaram par Gregory David Roberts
(photo de http://nanuki.deviantart.com )
